Vu par WhatsApp” : quand le droit s’invite dans nos conversations privées
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Il y a des mots qui font plus de dégâts qu’une lettre d’avocat envoyée en recommandé.
Trois petits caractères, par exemple : “Vu”.
À l’ère de WhatsApp, du message vocal de 2 minutes écouté en accéléré, et du double coche bleu, une question revient parfois (et dans tous les dîners) :
Que se passe t il si on lit sans répondre ?
Et surtout… quelles peuvent être les conséquences juridiques ?
Lire n’est pas répondre (et ce n’est pas une faute)
Commençons par rassurer la chevalerie numérique : lire un message n’oblige juridiquement à rien.
Le droit suisse — contrairement à certaines relations amoureuses — ne sanctionne pas le silence.
Lire un message WhatsApp, un SMS ou un message privé n’équivaut ni à un accord, ni à une promesse,ni à un engagement contractuel.
Même si :
- vous avez lu,
- relu,
- laissé “Vu” pendant trois jours,
- puis posté une story à ski entre-temps.
Juridiquement, le silence ne vaut pas une acceptation.
Et parfois, c’est même une preuve de sagesse…
Quand le message devient juridiquement sensible
Attention toutefois : tout message n’est pas innocent sous prétexte qu’il est envoyé depuis un canapé.
Un échange écrit peut devenir une preuve lorsqu’il contient :
- une reconnaissance de dette
- une acceptation claire (“OK, je prends”, “C’est bon pour moi”)
- une promesse précise
- ou une instruction professionnelle
Et là, peu importe que cela passe par WhatsApp, email ou pigeon voyageur : le juge s’en moque.
Ce qui compte, ce n’est pas le support, c’est le contenu.
Le piège moderne : répondre trop vite
À force de vouloir être poli, rapide, disponible, on envoie parfois un “OK ” qui coûte plus cher qu’un long silence.
Car une réponse écrite, même brève, peut
- créer une apparence d’accord
- engager une responsabilité
- être produite devant un tribunal
Moralité chevaleresque :
Mieux vaut un silence stratégique qu’un emoji mal placé.
Conclusion (à méditer avant d’appuyer sur “envoyer”)
Non, le droit ne vous oblige pas à répondre à tout message lu.
Oui, ce que vous écrivez peut vous suivre longtemps.
Et non, le “Vu” n’est pas une preuve de culpabilité — seulement parfois un déclencheur de drames sentimentaux.
En droit comme en amour : tout ce qui est écrit peut être retenu contre vous.
Alors respirez. Relisez. Et, parfois, reposez le téléphone.
La Justice chevaleresque
Quand le droit enlève son armure… mais garde l’épée.
