La justice chevaleresque
Le blog de Véronique Fontana

Arnaques modernes : faux conseillers, faux policiers, faux QR codes — ce que prévoit vraiment le droit pénal Ces derniers mois, les arnaques explosent en Suisse.

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30/03/2026 | Articles

Elles touchent tout le monde : particuliers, seniors, jeunes actifs, entreprises.

Et derrière des méthodes parfois très sophistiquées, on retrouve une réalité simple :

ce sont des infractions pénales, réprimées par le Code pénal suisse.

Voici trois arnaques très répandues… et les conséquences pénales qui y sont liées.

  1. L’arnaque au faux conseiller bancaire

Vous recevez un appel d’un “conseiller” qui prétend protéger votre compte.

Il vous pousse à valider des opérations, à transférer votre argent ou à communiquer vos données bancaires.

Ce comportement tombe sous le coup de l’escroquerie – art. 146 CP

(manipulation astucieuse pour obtenir un transfert d’argent), ou de l’abus de confiance – art. 138 CP

(si vous remettez volontairement des fonds sous influence), de faux dans les titres – art. 251 CP

(en cas d’e-mails, documents ou identités falsifiés), ou d’utilisation frauduleuse d’un ordinateur – art. 147 CP (lorsque vos données bancaires sont utilisées pour effectuer des paiements).

Ces arnaques sont souvent commises par des réseaux organisés, ce qui peut entraîner des peines aggravées.

2. L’arnaque aux faux policiers

Vous recevez un appel d’un “inspecteur” qui vous explique que votre argent est en danger.

Il vous demande de remettre vos économies “pour enquête”, parfois même en personne.

Les Infractions pénales pouvant entrer en ligne de compte sont l’usurpation de fonction – art. 287 CP

(se faire passer pour un policier est une infraction en soi), l’escroquerie– art. 146 CP

(l’objectif est d’obtenir votre argent par tromperie). L’extorsion – art. 156 CP (si la remise d’argent se fait sous pression ou menace), le vol – art. 139 CP

(lorsque l’argent est physiquement récupéré à votre domicile), le faux dans les titres – art. 251 CP (en cas de fausses cartes ou documents “officiels”).

Les tribunaux suisses considèrent ces actes comme particulièrement graves, car ils exploitent la confiance envers l’État.

3. L’arnaque aux faux QR codes sur les horodateurs

Vous arrivez au parking.

Un QR code est collé sur l’horodateur.

Vous le scannez, vous entrez vos données bancaires…

… et celles-ci partent directement chez les escrocs qui vident vos comptes bancaires avec les informations que vous leur donnez….

Ce type d’arnaque ne sert pas à payer le parking : il sert à voler vos données bancaires, qui seront ensuite utilisées pour effectuer des prélèvements ou vider votre compte.

Les Infractions pénales violées sont l’escroquerie – art. 146 CP (vous croyez payer un service, vous transmettez vos données à un escroc). L’utilisation frauduleuse d’un ordinateur – art. 147 CP (les données volées servent à effectuer des paiements), l’accès indu à un système informatique – art. 143 CP (vol de données bancaires), le faux dans les titres – art. 251 CP (si le QR code imite un système officiel),  détérioration ou modification de données – art. 144bis CP (si le système de paiement est altéré).

Ces actes sont souvent commis en série, ce qui renforce la gravité pénale.

Et pour les victimes ?

Vous pouvez déposer plainte pour toutes ces infractions.

Mais il faut savoir que :

  •             les auteurs sont souvent à l’étranger,
  •             les réseaux sont difficiles à identifier,
  •             les chances de récupérer l’argent sont faibles, même si les auteurs sont condamnés.

Le droit pénal suisse sanctionne sévèrement ces comportements, mais la réalité opérationnelle reste complexe.

Conclusion : ce ne sont pas des “arnaques du quotidien”, ce sont des crimes

Derrière ces méthodes parfois très simples se cachent des infractions graves :

escroquerie, faux dans les titres, extorsion, usurpation de fonction, infractions informatiques.

Les peines peuvent aller jusqu’à 5 ans, voire 10 ans en cas d’escroquerie par métier ou en bande organisée.

Votre vigilance reste essentielle, mais la loi suisse, elle, est très claire :

Ces actes sont pénalement réprimés, et lourdement.

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