La justice chevaleresque
Le blog de Véronique Fontana

Quand chacun veut rendre la justice lui-même …

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17/03/2026 | Articles

Il suffit aujourd’hui d’un téléphone et d’un compte sur un réseau social pour que certains s’improvisent juges, condamnent et exécutent de leur propre justice, le tout filmé et posté.

 

Cette tentation n’est pas nouvelle. Dans les Trois Mousquetaires, la célèbre Milady de Winter est jugée par un tribunal improvisé formé de quelques hommes convaincus de sa culpabilité.

Pas de juge indépendant.

Pas de procédure.

Pas de garanties.

Une conviction morale et c’est tout.

Cette scène incarne parfaitement ce que l’on pourrait appeler une « justice guidée par l’émotion » et la certitude intime que l’on détient la vérité.

 

Aujourd’hui, cette justice ne se joue plus dans une clairière au XVII siècle mais sur les réseaux sociaux.

On y voit parfois des personnes décider de se faire justice elles-mêmes : elles publient, accusent, exposent, dénoncent, exécutent — persuadées de réparer une injustice ou de défendre une cause légitime.

Mais elles franchissent une frontière essentielle : celle qui sépare la justice du ressentiment. Cela ne remet évidemment pas en cause la liberté d’expression.

 

Le droit repose précisément sur l’inverse de cette logique et impose des garanties d’un procès équitable : la présomption d’innocence, le droit d’être entendu, les preuves, et une décision rendue par une autorité étatique indépendante.

 

Ces principes ne sont pas des formalités bureaucratiques mais existent pour empêcher que la colère, l’indignation ou la certitude personnelle deviennent des instruments de condamnation.

 

La justice privée semble beaucoup rapide, spectaculaire et donne le sentiment d’agir….  Mais se faire justice soi-même peut conduire à être visé par une enquête pénale sur plainte ou d’office selon les actes commis : crimes ou délits !

 

L’histoire comme la littérature, nous rappelle une vérité simple : la conviction n’est pas la preuve.

Filmer n’est pas juger, poster n’est pas condamner.

 

Alors si vous constatez une infraction : appelez tout de suite la police ! pas vos abonnés !

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