La justice chevaleresque
Le blog de Véronique Fontana

Un automobiliste de 24 ans a été sanctionné à Saint-Gall après avoir reçu une fellation en conduisant. Et si c’était vous ?

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L’amour rend aveugle, le Code de la route vous ouvre les yeux : la fellation au volant sous la loupe du droit suisse.

Le 27.10.2026, le blick publiait un article sur une infraction de la route bien anodine.

La maîtrise du véhicule et l’attention : deux exigences absolues.

Sur le réseau routier suisse, la priorité reste avant tout la conduite.

L’art. 31 al. 1 LCR impose à toute personne au volant de rester constamment maîtresse de son véhicule de façon à pouvoir se conformer aux devoirs de la prudence.

L’art. 3 al. 1 OCR précise en outre que le conducteur doit vouer l’intégralité de son attention à la route et au trafic.

Cette même disposition interdit toute occupation qui complique ou entrave la conduite.

L’attention requise n’est pas théorique : elle doit permettre de réagir immédiatement à un imprévu ou à un obstacle.

Recevoir ou prodiguer une gâterie en pleine circulation génère immanquablement une distraction cognitive, sensorielle et physique majeure.

Dès lors qu’une telle activité compromet la capacité de réagir ou entraîne une embardée, le conducteur commet une violation des règles de la circulation routière.

L’infraction peut être qualifiée de simple, voire de grave selon l’ampleur de la mise en danger créée pour les autres usagers.

Elle expose son auteur à une amende, à une peine pécuniaire, voire au retrait administratif du permis de conduire.

Le volant à l’arrêt : qu’en est-il de l’exhibitionnisme et de la pudeur publique ?

Certains automobilistes pensent contourner les règles du trafic en stationnant leur véhicule sur le bas-côté.

Si le moteur est coupé, les infractions routières s’effacent, mais le Code pénal prend le relais si les vitres laissent entrevoir l’intimité des passagers.

L’art. 198 al. 1 CP punit d’une amende quiconque cause du scandale en se livrant à un acte d’ordre sexuel en présence d’une personne qui y est inopinément confrontée.

Même si l’habitacle d’une voiture privée est un espace clos, il devient accessible au regard d’autrui dès lors qu’il est garé sur le domaine public ou dans un lieu exposé aux passants.

Un passant, un promeneur ou un fonctionnaire de police qui aperçoit la scène contre son gré peut donc parfaitement déposer plainte.

Le consentement : la ligne rouge absolue.

La pratique d’un acte sexuel en voiture, en mouvement ou à l’arrêt, n’est légalement envisageable qu’avec le consentement libre et éclairé de tous les participants.

Le Tribunal fédéral rappelle avec constance que tout acte imposé sans assentiment ou sous la menace constitue une infraction grave.

L’utilisation de la contrainte physique ou psychologique pour extorquer une fellation dans l’espace confiné d’un habitacle tombe sous le coup des dispositions réprimant les atteintes à l’intégrité sexuelle.

L’auteur d’un crime ou d’un délit commis au moyen d’un véhicule automobile risque d’ailleurs le retrait judiciaire de son permis pour une durée allant d’un mois à cinq ans s’il y a lieu de craindre de nouveaux abus (art. 67e CP).

Mieux vaut caler au garage que déraper au virage !

Entretenir la flamme est une noble entreprise, mais le tableau de bord n’a jamais remplacé une chambre à coucher.

Pour préserver votre permis de conduire, votre casier judiciaire vierge et, accessoirement, les arbres du bord de route, gardez les deux mains sur le volant et vos pulsions au garage !

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