J’ai percuté un chevreuil avec ma voiture : puis-je le mettre dans mon assiette?
Il est 22 h 30, vous rentrez par une route de campagne, et un chevreuil surgit du talus. Choc, pare-chocs enfoncé, silence. L'animal est mort sur le bas-côté. Et là, une pensée traverse l'esprit de beaucoup d'automobilistes : « Bon, il est mort de toute façon, autant ne pas le gaspiller. »
Après tout, personne n'a acheté ce chevreuil. Il n'a pas de propriétaire. Vous l'avez tué, même sans le vouloir. Pourquoi ne pas le charger dans le coffre et appeler le boucher du village ? Parce qu'en droit suisse, ce raisonnement est faux à chaque étape. Le chevreuil n'est pas à vous, l'emporter est une infraction, et le laisser filer sans prévenir personne en est une autre. Mais, paradoxe vaudois, il existe une voie légale pour finir avec un rôti au congélateur. À une condition : faire exactement l'inverse de ce que l'instinct suggère.